Longévité des matériaux isolants ?

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Salut les éco-constructeur, c’est Cédric, merci Elisa pour ta question très pertinente : quelle est la longévité des différents matériaux isolants ? 

On va voir ici les ennemis de trente quatre isolants et on donnera la longévité des isolants à la fin. 

En fin d’article, j’ouvrirai un peu la réponse sur fiabilité de la construction en général.

Mes expériences d’ingénieur travaux, de bénévole sur chantiers d’auto-construction, d’ouvrier, de formateur, et de SAV m’ont enseignés de très précieuses leçons :

Quelles conditions faut-il réunir pour obtenir des malfaçons – je participe chaque semaine à des résolutions de sinistres, de litiges, d’expertises – ou à l’inverse, pour faire quelque chose de fiable à tous les coups ?

Nous évoquerons aussi la question du budget, que faire pour le diminuer ?

Mais revenons d’abord à nos isolants :

Il existe sept grandes familles de matériaux isolants

Isolants synthétiques, isolants minéraux, isolants végétaux / à base de bois, Isolants végétaux / issus de l’agriculture, isolants issus du recyclage, isolants d’origine animale et les isolants spéciaux à faible épaisseur.

Si je prend le matériau tel quel, je le pose dans l’herbe, à quel risque il est soumis ? C’est parti !

Isolants synthétiques

  • 1. Polystyrène expansé
  • 2. Polystyrène extrudé
  • 3. Polyuréthane

Ces trois isolants issus de la pétrochimie sont inflammables et se laissent grignoter facilement par les rongeurs : leurs ennemis sont donc le feu et les rongeurs.

Isolants minéraux

  • 4. Laine de verre
  • 5. Laine de roche

Ces deux matériaux d’isolation craignent l’eau, l’humidité, et les rongeurs.

  • 6 Verre cellulaire
  • 6b. Mousse de verre
  • 7. Vermiculite expansée
  • 8. Perlite expansée
  • 9. Pouzzolane
  • 10. Mousse minérale – béton cellulaire
  • 11. Brique de terre cuite dite “monomur”

Ces sept matériaux ne craignent rien, ils sont quasiment inaltérables.

  • 12. L’argile expansée
Argile expansée

L’argile expansée craint l’eau en quantité importante, stagnante.

Isolants végétaux / à base de bois

  • 13. Fibre de bois
  • 14. Fibbraglos
  • 15. Copeaux de bois

Ces trois matériaux sont putrescible en cas d’humidité persistante, les rongeurs peuvent cheminer dans les mise en oeuvre molle (vrac, laine, mais pas dans les rigides), certains insectes peuvent s’y installer, ces matières sont inflammables, les termites peuvent s’y attaquer.

  • 16. Liège

Seul isolant végétal imputrescible, difficilement dégradable par les rongeurs, malheureusement il craint le feu.

Isolants végétaux / issus de l’agriculture

  • 17. Le chanvre
  • 18. Le lin
  • 19 Kenaf
  • 20 Laine de coco
  • 21 Paille de céréales
  • 22 Terre paille
  • 23 Paille de riz, balle de riz, paille de lavande
  • 24 Raffles de maïs
  • 25 Roseaux
  • 26 Canisse
  • 27 Herbe
  • 28 Algues

Ces douze matériaux ont leurs propres spécificités, mais ils craignent à peu près tous le feu lorsqu’ils sont nus, et sont plus ou moins putrescibles en cas d’humidité persistante. Il est primordial de comprendre le point suivant : la longévité de l’isolant ne dépend pas de l’isolant. Elle dépend de l’isolant associé à sa mise en oeuvre et des conditions extérieures.

Les isolants issus du recyclage

  • 29. la ouate de cellulose
  • 30. le textile recyclé Métisse

Ces deux isolants craignent l’eau, l’humidité, les rongeurs, le feu

Les isolants d’origine animale

  • 31. Laine de mouton

Les isolants d’origine animale craignent généralement l’eau, l’humidité, les rongeurs, le feu, et s’ils ne sont pas traités contre, les mites.

Les isolants spéciaux à faible épaisseur

  • 32. Les aérogels

Très techniques mais encore peu utilisé dans la maison de tout le monde, ce matériau semble très performant, mais il est sensible au feu.

  • 33. Les isolants sous vide

les isolants sous vide craignent la perforation, et finissent par se remplir dans le temps donc ils ne présentent pas une bonne longévité.

  • 34. Les isolants translucides
Plaques translucides pour toiture

Ces isolants présentent une bonne longévité, bien que sensibles à la casse, mais ils ne sont ni performants pour les parois de maison, ni perspirants. A réserver à des usages ponctuels mais pas pour la maison complète …

Synthèse de la longévité des isolants

Quelle matériaux isolants choisir alors ?

Donc si vous ne regardez que le critère de la longévité du matériau en lui même, peu importe s’il est bien mis en oeuvre, peu importe s’il isole vraiment bien, peu importe son prix, peu importe son énergie grise, peu importe son bilan CO2, peu importe s’il est polluant en fin de vie, peu importe s’il est perspirant, peu importe s’il est agréable à mettre en oeuvre, alors vous choisirez probablement un des matériaux suivant :

Béton cellulaire, verre cellulaire, mousse de verre, verre expansée, perlite expansée, vermiculite expansée, pierre ponce, pouzzolane, brique de terre cuite.

Ces matériaux ne s’altèrent pas dans le temps, à part conditions extrêmes.

Pour tous les autres, il est impossible de donner une durée de vie car elle dépend :

  • 1. De la technique de mise en oeuvre 
  • 2. De la qualité de mise en oeuvre
  • 3. Des conditions, c’est à dire de la présence ou pas des “prédateurs”
  • 4. De la maintenabilité / réparabilité

Donc Elisa, pour répondre à ta question : 

La longévité des matériaux isolants est à peu près infinie pour ceux là, et variable pour les autres. Ca répond ? 😉

Variable ça peut aller de six mois – c’est à dire que le matériau va prendre l’eau en pied de mur, en toiture, en allège, ou bien se gorger d’humidité et se dégrader – et aller jusqu’à “l’infini” en cas de bonne mise en oeuvre et surveillance régulière, cf l’exemple ci-après :

La botte de paille VS la laine de verre

Par exemple la botte de paille peut rester intègre éternellement si elle est bien mise en oeuvre, comme pour la maison Feuillette* qui ne présente pas de signe de dégradation après un siècle.

En revanche, la laine de verre, qui peut sembler plus fiable au néophyte, se dégrade très vite car elle est souvent humide parce que mal mise en oeuvre : elle est confinée par une maçonnerie non perspirante à l’extérieur, et non protégée d’un parement intérieur qui freine la vapeur d’eau et qui serait étanche à l’air.

Que choisissent les constructeurs de maisons ?

Cette longévité des isolants intrinsèque explique que les constructeurs de maison, qui sous-traitent à plusieurs entreprises les travaux, qui ne maîtrisent donc pas toujours la qualité de mise en oeuvre, choisissent raisonnablement de proposer des matériaux très résistants.

Donc on va principalement retrouver : De la brique monomur (environ 30%) et du béton cellulaire (environ 5%), mais encore beaucoup de parpaing + laine de verre ou polystyrène (environ 50%).

Il y a aura plus ou moins de malfaçons, mais les dégâts possibles sur l’isolant sont limités dans les deux premiers cas, et invisibles dans le troisième.

En effet, la laine de verre derrière le placo va rapidement perdre sa capacité d’isolation car son lambda monte avec l’humidité, mais cela ne se verra pas, et les dégâts sont réversibles. Bien qu’on puisse s’offusquer de cette médiocrité technique, on peut se féliciter que la maison “en dur” ne risque pas de se dégrader dans le temps.

Ce n’est pas le cas d’une malfaçon sur une maison bois, qui peut conduire à ruiner l’ouvrage dans son intégralité, ce qui est toujours terrible, surtout quand on voit la piètre qualité de prise en charge par les assurances.

Pourquoi certains construisent autrement ?

Mais certains construisent autrement pour faire des maisons plus performantes, plus agréables, et moins polluantes, en commençant justement par utiliser une structure porteuse en matériau naturel : le bois.

De plus, la production d’autres matériaux isolants demande beaucoup moins d’énergie pour êtres produits, transformés, (voire pas du tout pour la botte de paille par exemple), transportés et produisent moins voire pas du tout de déchets plastiques et chimiques – dont on déplore à juste titre la présence dans les océans et l’atmosphère.

Ressources et climat

Le changement climatique est inquiétant, on a plutôt envie de le limiter, ça c’est une chose. Mais une autre chose c’est que les matériaux conventionnels ne seront disponibles à bas coût qu’un temps, car ils nécessitent beaucoup d’énergie pour être obtenu, et cette énergie est de plus en plus rare, de plus en plus chère. Donc c’est aussi du bon sens d’apprendre à savoir-faire avec des matériaux naturels à faible impact, et renouvelables !

La part du colibri ?

Nous sommes de plus en plus sensibles à l’impact environnemental des choses et de plus en plus nombreux à se demander ce que nous pouvons faire à notre échelle pour améliorer nos modes de vie, pour qu’ils soient plus respectueux.

Et justement, choisir de construire avec des matériaux biosourcés performants, qui stockent du carbone plutôt que d’en dilapider, c’est ce genre de choix que font les éco-constructeurs.

Mais pas question de prendre le risque de voir les maisons se dégrader au bout de quelques années. Les sommes engagées sont colossales pour les familles, et l’intérêt écologique disparaît s’il faut refaire la maison tous les dix ans !

Comment maximiser la longévité des isolants et de l’ensemble des travaux ?

Mon expérience d’ingénieur travaux, de bénévoles, d’ouvrier, de formateur, et de service après vente m’a enseigné de très précieuses leçons sur les conditions à réunir pour faire des malfaçons – je participe chaque semaine à des résolutions de sinistres, de litiges, d’expertises – ou pour faire quelque chose de fiable.

En fait si une maison est construite – ou suivie de près – par une personne dédiée et dévouée à la qualité de réalisation, qui comprend les techniques et les phénomènes physiques des matériaux biosourcés, alors il est possible de s’orienter vers un plus haut niveau de technicité, à la fois en préparation du chantier, et à la fois dans la mise en oeuvre, et donc d’envisager n’importe quel matériaux parmi ceux que nous avons vus. Dont la maison bois, les matériaux biosourcés en général.

Une personne clef …

Cela peut être le propriétaire de la maison, qui va réaliser lui même une partie des travaux ou qui va simplement s’y intéresser de très près et ainsi être garant de la bonne mise en oeuvre.

Mais si personne n’est compétent ou garant sur le chantier, c’est une autre histoire. C’est ce que j’observe régulièrement chez les gros constructeurs qui se mettent soudainement au bois pour répondre à la demande de leurs clients, et ce n’est pas toujours heureux.

S’ils ne prennent pas le temps de maîtriser le savoir-faire, les techniques, alors les erreurs de conception comme de réalisation s’enchaînent, croyez-moi. La longévité des isolants en pâtit alors parfois.

A l’inverse, j’observe chez les autoconstructeurs ou les personnes qui gèrent leur chantier de près, une rapide montée en compétence, une compréhension technique et une attention telle, qu’ils en deviennent capables d’assurer la bonne qualité de réalisation de leur maison, et donc à l’inverse la longévité des isolants, et du reste, sera exceptionnelle !

… des entreprises fiables

Evidemment il existe aussi de très bonnes entreprises, qui font bien les choses et prennent le temps de ne rien “oublier”, mais elles sont rarement sélectionnées par le propriétaire non sachant.

Pourquoi ? Parce qu’elles présentent à juste titre des devis plus élevés : il y a plus de temps passé, plus de matériaux techniques, du personnel formé, et tout ça coûte de l’argent.

Comprendre un devis élevé

Mais le propriétaire, lui, tout néophyte qu’il est, confiant et serein, ne voit pas l’intérêt de payer plus cher pour un résultat qui lui paraît, identique. Il se dit que sa maison sera de tout façon aux normes actuelles, qu’il faut qu’elle soit simplement “bien finie”.

Vous savez donc quelle entreprise il va choisir, et vous connaissez donc la qualité de réalisation de la maison, et la réputation du monde du bâtiment qui s’en suit. Vous avez compris.

Choisir un mauvais restaurant

Choisir un constructeur c’est un peu comme choisir un restaurant, on se fie à ce qu’on voit et à la réputation, la différence c’est qu’on a le goût des aliments des années plus tard, et que si c’est pas bon c’est trop tard, et c’est une maison, pas un repas. Et une maison, c’est très chronophage et requiert des connaissances pour en évaluer la qualité de réalisation.

Donc, ma recommandation pour choisir votre constructeur, il faut comprendre ce qui va être fait, prendre des avis extérieur, vérifier la pérennité des techniques vis à vis des prédateurs qu’on a cité plus haut.

Il va falloir aussi accepter de ne pas sélectionner l’entreprise la moins chère.

Se renseigner dans les détails

Pour éco-construire, continuez à lire des livres spécialisés et à vous former, idéalement en sélectionnant un panel réduit de techniques, sinon le champ d’apprentissage est gigantesque. L’onglet ressources https://reussir-votre-ecoconstruction.com/ressources/ vous donnera des idées parmi les meilleurs livres à lire.

Puis questionnez les entreprises avec lesquelles vous voulez travailler, car payer cher n’est pas non plus une garantie de qualité ! Et suivez votre chantier de très près.

Et si c’est hors budget ?

Pour faire moins cher, plutôt que de chercher des entreprises au rabais, faites plus petit, ou faites-en une partie vous même !


Posez-moi vos éventuelles questions au sujet de cet article, c’est avec plaisir que je vous répondrai.

Pensez à aller voir le PDF juste en-dessous dans lequel vous trouverez dix neuf exemples de maisons écologiques toutes moins chère que les prix du marché (entre 600 et 1450€/m²), c’est très instructif pour se faire une idée des choix que les éco-constructeurs font concrètement.

Et surtout, faites moins cher, faites écologique, tchaw 😉 !

Source : comme souvent, en source je citerai surtout le livre L’isolation thermique écologique, de Jean Pierre Oliva et Samuel Courgey aux éditions Terre Vivante, cf page ressource

Cédric

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