Zéro déchet et travaux : quel isolant choisir ?

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Salut les amis,

Aujourd’hui, la recherche de zéro déchet est partout.

En effet, quand on parle de mégatonnes de déchets chimiques et plastiques dans les océans, ça ne fait plaisir à personne.

Quand on enfouit sous terre des tas de produits, quand on enfouit nos décharges, c’est triste, honteux et pas intelligent.

Alors on se met à parler recyclage …

Que peut-on faire d’autre ?

Nous concernant : quel choix constructif faire pour adopter une démarche zéro déchets sur le choix des matériaux d’isolation thermique ?

Juste avant de commencer, voici la définition que je donne à un déchet :


“un déchet est un matériau que je ne peut pas répandre dans mon potager sans risquer d’intoxiquer ma fille en lui faisant manger les légumes qui y poussent ; si ledit matériau a carrément empêché les légumes de pousser, il est également considéré comme déchet”

Zéro déchets créés lors de la fabrication de l’isolant

Ici on ne vas pas faire un inventaire fastidieux de tous les déchets produits par les fabricants d’isolants, on va d’abord se poser la question :

Existe-t-il un isolant thermique zéro déchet en phase production ?

Les isolants thermiques dérivés du pétrole sont évidemment éliminés, ceux d’origine minérale également, tout comme les isolants biosourcés industriels.

En effet, chaque process industriel implique des manipulations, des emballages pour ce dont l’usine a besoin, la consommation de ressources par les bureaux adjacents, les produits annexes, les machines.

Usine et déchets
Usine et déchets


Tout ce petit monde génère une grande quantité de déchets, sans parler de l’énergie gaspillée dans les cuissons et divers chauffages, qui n’est pas l’objet de cet article.

Je ne retiens donc pas ici non plus les isolants issus du recyclage : ouate de cellulose, et textile recyclé (à moins de vous servir de vieux jeans pour isoler une paroi, why not ?).

Donc en fait la question est plutôt :

Existe-t-il un isolant zéro déchet dans la nature, qu’on puisse utiliser sans modification, tel quel ?

Le chanvre ? On se rapproche, mais tous les isolants issus d’une agriculture spécifique, ou nécessitant une transformation, ne répondent pas au critère : chanvre, laine de coco, lin, kenaf, etc.

En effet, l’agriculture mécanisée génère des déchets, en moindre quantité que les précédents cela dit.

Irrigation agriculture
Irrigation agriculture industrielle


Le liège également, nécessite un process industriel avant d’être utilisé en isolation, donc cela génère des déchets.

Il y aurait bien la laine de mouton, mais son traitement anti-mite et son conditionnement pour être utilisé en isolant l’écarte aussi de la catégorie zéro déchet en production.

Mais nous avons de généreux matériaux naturels disponibles, qui n’attendent que nous ! C’est vraiment enthousiasmant ça 🙂

Pour une isolation performante zéro déchets en phase amont, ce qui peut servir d’isolant tel quel c’est :

  • La paille (céréales, riz, lavande), en bottes ou en vrac.
  • La balle (écorce) de riz de Camargue
  • Les copeaux de bois.

Donc ça nous fait déja un panel plus réduit si on veut pousser la réflexion zéro déchet et limiter ainsi notre impact dès la phase de production !

Rebattons les cartes, on va jouer à nouveau mais avec la phase chantier. Quels isolants permettent d’être mis en oeuvre sans créer de déchets ?

Zéro déchet créés lors de la mise en oeuvre de l’isolant

Emballages

Pour la simple raison des emballages plastiques, nous ne retenons pas les isolants offerts par la pétrochimie : polystyrène et polyuréthane, et nous ne retenons donc pas non plus les laines minérales.

Sont alors aussi écartés les fibres de bois, fibralith, ouate de cellulose, textile recyclé Métisse, liège.

Emballage
Emballage



Ensuite il y a des matériaux qui présentent des conditionnement variables, à vous de voir ce qui se présente à vous. Mais attention, par exemple la plupart du temps on achète du chanvre dans des sacs en plastiques.

Déchets associés

Les blocs de béton cellulaire et les briques ne sont pas retenus, parce que la mise en oeuvre nécessite de grandes quantités de déchets de pots colles (la colle qui sert à maçonner), et de sacs de ciment (pour toutes les parties armées).

colle de briques


De plus, les isolants précédemment cités ne peuvent pas être achetés à la juste quantité pour chaque chantier. Donc il y a toujours des restes, qui finissent souvent à la poubelle ou en déchetterie. Et même en déchetterie, la plupart du temps les choses sont malheureusement mélangées.

Et donc, en phase mise en oeuvre, dans les isolants zéro déchets, on va retrouver :
Les roches isolantes livrées en vrac ou big bag réutilisables : vermiculite, perlite, pouzzolane

Et les isolants de la catégorie précédente :

  • La paille (céréales, riz, lavande), en bottes ou en vrac.
  • La balle (écorce) de riz en vrac, en grandes bottes cerclées, ou en big bag réutilisables.
  • Les copeaux de bois.

S’il en reste parce qu’on a pas utilisé l’intégralité cela peut finir dans le jardin à composter ou bien lui trouver un autre usage, comme réaliser du terre-paille ou bien du chocops, un complexe isolant phonique qui mélange argile et balle de riz.

Et en fin de vie du bâtiment ? Ou en fin de vie de l’isolant, qu’en est-il ? Quel isolant permet une démarche zéro déchets ? C’est ce que nous voyons juste après.

Pour connaître la longévité des isolants vous pouvez lire l’article à ce sujet en cliquant ici :

Cliquez sur l’image pour accéder à cet article

Zéro déchet créé en fin de vie

Recyclage insatisfaisant

Le recyclage c’est bien dans l’idée, mais il ne faut pas être naïf.

Le polystyrène par exemple, est prétendu recyclable. La réalité c’est que les morceaux qui restent sur les chantiers sont jetés aux ordures ou aux Déchets Industriels Banals (en gros on mélange tout) à la déchetterie.

panneaux déchets industriels banals
DIB



Ce genre de matériau contribue parfaitement aux montagnes de déchets que nous produisons.

Même si on vous répondra qu’il existe des centres spécialisés qui récupère les déchets, c’est un paravent éthique.

En fait ça demanderait des transports énormes, que les artisans ne font que rarement, et ça se comprend. S’il est seul à assumer ce coût là, et que tous les autres ne s’embêtent pas …

Les isolants dérivés du pétrole produisent tous des déchets en fin de vie, les laines minérales également.

Réemploi difficile

Le réemploi des laines minérales ne peut pas s’envisager car elles vieillissent très mal.

La laine de verre vieillit très mal

Par contre pour le polystyrène ce serait de temps en temps possible.

En effet, s’il n’a pas brûlé, ou ne s’est pas fait grignoter, il conserve ses propriétés dans le temps.

Mais cela demande une organisation qui n’existe pas dans nos pays occidentaux ou le temps coûte beaucoup plus cher que les matériaux, même les matériaux énergivores.

Donc ça part à la benne. Ça coûte globalement moins cher de gaspiller.

Zéro déchet

Les briques creuses et le béton cellulaire en eux mêmes seraient peut-être inertes, mais le mortier colle est un déchet. Là aussi tout est mélangé ou enfouis en remblais sous les autoroutes par exemple.

Les isolants biosourcés ou recyclés industriels comme la fibre de bois, la ouate de cellulose, le textile etc etc contiennent très souvent au moins un déchet.

Cela peut être un produit pour retarder la propagation de flamme, un liant comme le polyester pour présenter le matériau sous forme de panneaux semi rigides, ou bien tout simplement des insecticides ou des fongicides.

La laine de mouton, si elle n’était ni traitée anti-mite, ni reconditionnée sous forme de panneau, elle serait compostable.

mouton
mouton

Les roches isolantes ne sont pas un déchet, on peut s’en resservir telle quelle, pour de nombreuses décennies encore. C’est souvent également le cas du liège, qui est imputrescible et sera réutilisable.

Compostage

Et ensuite, on a les isolants issus de l’agriculture, chanvre, lin, kenaf, fibre de coco, paille, balle de riz, roseaux, raffles de maïs, etc qui sont compostables à condition de ne pas être adjuvantés de liants par exemple (les formes en panneaux).

Compostage
Compostage


Il ne vont donc produire aucun déchets, tout comme des copeaux de bois, si le bois n’était pas un bois traité chimiquement à la base.

Pour les bottes de paille, on veillera simplement à retirer et réutiliser les ficelles, qui peuvent être un déchet, mais comme elles sont réutilisables, ça va, ouf’.

Les règles professionnelles décrivent la déconstruction d’une paroi isolée en botte de paille, voir tableau ci-dessous, extrait des Règles professionnelles de construction en paille du Réseau Français de la Construction Paille.

Règles professionnelles de la construction en paille
Règles pro paille


L’intérêt de connaître ça est de choisir ses matériaux en fonction de l’analyse globale du cycle de vie des éléments et techniques que l’on choisit.

MatériauTechnique de démontage (par ordre de préférence)Valorisation potentielle (par ordre de préférence)
Bois d’ossature non traité– Démontage
– Démolition
– Réemploi
– Valorisation énergétique
– Mise en déchetterie
Pièces d’assemblage, clous, visDévissage ou arrachage– Réutilisation
– Recyclage
– Mise en décharge
Enduit de terre crue sans adjuvants ou peinturePiquage– Réutilisation après trempage dans de l’eau et malaxage
– Dépose directe dans le milieu environnant, éventuellement mélangé à la paille
Enduit à la chaux ou enduit de terre avec adjuvants ou peinturePiquageMise en déchetterie
Paille– Extraction des bottes entières
– Démolition des bottes
– Réutilisation
– Valorisation agricole (amendement ou litière animale)
– Valorisation énergétique

Conclusion

Dans une démarche zéro déchets, une démarche d’habiter à faible impact, les matériaux les plus performants sont ceux que l’on a retrouvé dans les trois phases d’un matériaux : naissance, existence, fin de vie, c’est les phases que nous avons vu au cours de l’article.

Il en ressort les matériaux suivants qui étaient toujours présents : la paille, la balle de riz, et les copeaux de bois, qui est un matériau anecdotique en tant qu’isolant, il est peu utilisé.

La balle de riz quant à elle n’a pas encore de règles professionnelles, et n’est pas disponible dans de nombreux endroits comme l’est la paille.

La paille présente bien entendu des inconvénients, sinon on n’utiliserait qu’elle !

Mais pour le sujet d’aujourd’hui c’est la paille qui sort grand vainqueur.

Elle ne produit aucun déchet, elle est disponible en grande quantité partout en France, et clou du spectacle, son utilisation est parfaitement clarifiée par les règles professionnelles, qui permettent de l’utiliser sans aucun problème d’assurabilité ou de garanties.

Et si ce n’était pas assez pour nous faire tomber sous son charme, c’est l’isolant le moins cher, quasiment gratuit en fait.

Cela explique pourquoi la plupart des maisons écologiques présentée dans mon livre pdf juste en dessous, qui reviennent entre 600 et 1450€/m², utilisent la paille dans les murs.

Attention cela dit, cela ne veut pas dire qu’il faut forcément construire en
paille.
En effet, son utilisation présente des inconvénients qu’il est nécessaire de connaître avant de se lancer. J’en parle dans cette vidéo :

N’hésitez pas à partager le lien vers cet article à des gens intéressés par l’écoconstruction. A bientôt !

Cédric

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